Textes réalisés à partir des ouvrages : « Liancourt et sa région » par Lucien Charton et « Le canton de Liancourt » par Daniel et Emmanuel Delattre.
Notre commune
CAUFFRY, d’origine gallo-romaine dont les formes anciennes furent :
CAUFERY en 1104, CHAUFERY en 1218, CAUFRI en 1220, CAUFRATUM en 1250
et à nouveau CAUFERY vers 1750
Les archives du prieuré de St Leu D’Esserent, dont dépendait Cauffry, font également apparaître les noms de CAUFRIT, CAUFRY, CHAUFFRY et COFFRY.
Le hameau de SOUTRAINE fut un « vicus » (gros village, bourg) dénommé SOTERENA, SOUSTERAINE, SOUSTRAYNE, SOUSTRENES en 1224 et AUSSOUTRAINE en 1556.
Aux abords de ce hameau, il a été découvert des cercueils de pierre tendre devant dater de l’époque mérovingienne.

Population
Le hameau de Soutraine fut sans doute habité plus anciennement que Cauffry et fut pendant longtemps plus peuplé que le chef-lieu.

| 416 habitants en 1303 | 207 habitants en 1720 | 335 habitants en 1806 |
| 289 habitants en 1831 | 590 habitants en 1906 | 623 habitants en 1936 |
| 720 habitants en 1954 | 1 043 habitants en 1962 | 1 239 habitants en 1968 |
| 1 332 habitants en 1975 | 1 689 habitants en 1982 | 2 137 habitants en 1990 |
| 2 300 habitants en 1999 | 2 260 habitants en 2004 | 2 273 habitants en 2006 |
| 2 387 habitants en 2009 | 2 468 habitants en 2014 | 2 545 habitants en 2019 |
| 2 654 habitants en 2021 |
La Brèche qui sépare Cauffry de Liancourt, Mogneville et Monchy est ici en partie dans un lit artificiel qui fût creusé vers 1635. Le ru de Soutraine, ruisseau qui prend sa source sous Ars coule d’Ouest en Est en traversant une zone assez humide dite « le marais de Soutraine » et se jette dans la Brèche.
Au Moyen Âge, deux familles relevant l’une et l’autre du comté de Clermont se partageaient la plus grande partie des biens de la paroisse. L’une portait le nom de Cauffry et l’autre celui de Mongroisin (ou Montgraisin), probablement ancien vocable de Grésillemont (ou Grésilmont).
En 1560 Benjamin du Plessis (frère de Charles du Plessis, seigneur de Liancourt) avait acheté une partie de la seigneurie aux de Cernoy. Cette terre passa à son fils, également prénommé Charles, en 1608. Elle revint en 1631 à Roger du Plessis. En 1610, les d’Hédouville, qui possédaient des biens dans la paroisse, les vendirent également et le tout entra dans le marquisat de Liancourt en 1673.
En 1812, une petite maison où il y avait une « boête » à lettres pour l’accommodement des villages voisins fut construite au carrefour de la route Impériale 16 et de la route Départementale 7. Le voyageur (des diligences) pouvait y mettre les siennes.
Cette petite maison, qui constituait un « écart », connu sous le nom de « Cauffry la Poste », au Nord du chef-lieu existe toujours et le carrefour est devenu le centre de nombreuses constructions. Sur Rantigny, dont le territoire commence à quelques mètres de l’ancien bureau de poste, ce fut une auberge où on logeait « à pied et à cheval », puis l’importante usine Duvoir devenue Albaret puis Caterpillar, et des habitations particulières. Sur Cauffry même, se sont construits la propriété Duvoir (Mairie actuelle) et beaucoup de maisons en bordure de la route Nationale.
Cauffry a toujours cultivé les diverses céréales sur la colline et dans une grande partie de la vallée. En août 1769, le duc d’Etissac et son fils, le jeune duc de Liancourt, firent répartir dans le marais un demi-arpent (environ 25 ares) à chacun des habitants qui s’engageait à mettre cette terre fertile en valeur. Ce fut l’origine de la culture maraîchère dans la commune.
Au début du siècle dernier, le territoire avait encore environ deux hectares de vigne.
Le territoire a été autrefois beaucoup plus boisé, notamment vers Soutraine et la colline.
Il a existé sur le territoire de la commune plusieurs moulins à vent. On ne connaît pas exactement l’emplacement des moulins Crèvecoeur et Gaillard notés dans plusieurs écrits. Cependant, on sait que le moulin à Woide était à la garenne et que ce nom fut transformé en moulin à voile (rue du moulin à voile).
Au début du siècle dernier, deux moulins à eau situés sur la rive droite de la Brèche comptaient parmi les plus productifs de farine dans le département.
Le premier, situé à 200 mètres environ du pont de Cauffry (sur la route de Liancourt) a été édifié vers 1635 lors du creusement du lit de la Brèche. C’était une très belle construction avec une fort jolie façade construite dans le style monumental et ornée de sculptures. Ce lieu était un des buts de promenade des invités du château de Liancourt.
En 1895, on y fabriquait des objets en carton comprimé et verni.
Depuis 1910, une importante blanchisserie industrielle y est implantée.
Le second moulin, situé à 400 mètres environ du premier, avait été établi avec « deux tournants » peu avant la révolution par le Duc de Liancourt qui le modernisa ensuite.
En 1893, une corderie venue du moulin de Sailleville s’y installa.
Il est devenu ensuite une usine de lacets, tresses et cordages.
Une verrerie était en contrebas de la route de Mouy. Elle trouvait son sable sur place et son combustible au bois de Soutraine.
La carte de Cassini de 1756 indique une « tuilerie » située au pied du coteau, près du chemin de Soutraine.
Au bord de la colline, les carrières Saint-Aubin, longtemps exploitées, fournissaient une pierre de qualité.
Une manufacture de chaussures produisait des articles de haute qualité.
Cauffry eut un manoir entouré de fossés, situé à peu près à l’emplacement du deuxième moulin à eau cité ci-dessus. Les débris de ses fondations furent retrouvés au XIX siècle. À une époque indéterminée, il fut remplacé par une autre construction. Celle-ci est représentée sur la gravure de 1654 de Henri Mauperché intitulée « Petit chasteau entouré de jardins à fruictz et de canaux pleins d’eau – Coffry ». On y voit l’habitation entourée de bâtiments agricoles importants et l’entrée se place entre deux tours imposantes.
Le tout était relié directement au château de Liancourt par une allée et un passage sur la Brèche.
De ce château, il demeure dans le village des fondations ainsi que des éléments de bâtiments et de murs de clôture.
En 1900 Cauffry comptaient un cordier et huit cafés, dont quatre épiciers.
En 1934, on recensait six cafés, dont cinq épiciers, une usine de lavage et commerce de chiffons, un garagiste, une fabrique de lacets et de cordes.